Au fil du temps…

 

 

Du geste suspendu à la renaissance…

 

Journaliste : est-ce que dans vos films les histoires ont un début, un milieu et une fin ?
Jean-Luc GODARD : oui, mais pas forcément dans cet ordre…

 

 

Genèse du projet :

Ayant découvert il y a 2 ou 3 ans – à la faveur d’une collaboration artistique – l’entreprise World Tricot, compagnie spécialisée dans la maille de luxe, et qui travaillait pour les grands couturiers (LANVIN, BALMAIN, KENZO, Jean-Paul GAUTHIER, CHANEL, Yves SAINT-LAURENT, Guy LAROCHE, HERMES, Thierry MUGLER, GALLIANO, Karl LAGERFELD, GUCCI… ) jusqu’au moment où elle dut engager une action en justice contre la maison CHANEL qui avait copié un de leurs modèles…, j’ai eu envie de faire un travail photographique au sein de l’entreprise. Les démêlés judiciaires ayant duré 7 ans l’entreprise a dû se séparer d’une bonne partie de son personnel (une centaine de personnes), jusqu’à la reconnaissance du délit, et la condamnation afférente. La page étant tournée, Carmen COLLE la fondatrice de World Tricot m’a donné carte blanche… Plusieurs séjours de courtes durées m’ont permis de réaliser un assez grand nombre d’images, dans la perspective de réaliser une exposition avec quelques–unes d’entre–elles. J’ai laissé un peu en sommeil cet ensemble, et durant cette période j’ai suivi la compagnie de danse contemporaine de la chorégraphe Nathalie PERNETTE, dans son spectacle « La Figure du gisant » donné à l’Abbaye de Cluny, à la Basilique de Saint-Denis, au festival « Scènes de rue » à Mulhouse, au festival « Chalon dans la rue » à l’Abbaye de Fontevraud… et chemin faisant j’ai trouvé que nous étions dans des « logiques » similaires où il est question de se relever, de renaître… ainsi est née l’idée de rapprocher ces deux destinées vues par un photographe… à un moment où naît aussi ce mouvement « nuits debout » à Paris… Il se trouve que l’entreprise World Tricot reprend une activité depuis peu, suite à une opération de Crowdfunding, avec plusieurs productions commercialisées sous la marque Angèle Batist

 

 

Sur les intentions…

J’ai ainsi trouvé beaucoup de similitudes entre ces deux « matières » comme par exemple cette première image de l’atelier de World Tricot que j’ai pu réaliser lors de la première visite, à un moment où l’activité était au point mort, avec cette vue sur les machines alignées, recouvertes d’un drap blanc protecteur, tels des linceuls, m’ayant fait penser à la mort bien sûr… à rapprocher du spectacle de Nathalie PERNETTE qui commence par une scène où des gisants se réveillent de leur éternité figée (Diptyque n°1), pour ensuite déambuler en retrouvant des émotions, et des sensations, pour finir par les partager avec les vivants dans un grand élan d’humanité …

Il m’est apparu que la meilleure façon de représenter ces semblances c’était de réaliser des diptyques avec d’une part des images de World Tricot et d’autre part celles de La Figure du Gisant. La série a été constituée dans l’après coup sans intention initiale, laquelle aurait peut-être un peu trop formaté les prises de vue…

On appréciera donc les liens virtuels entre ces images, sur la base des ressemblances qui s’y déploient sous des formes différentes : thèmes graphiques, motifs récurrents, échos gestuels ou autres, relations analogiques, associations d’idées, symboliques…

Du sens peut ainsi émerger chez chacun par la projection de ses propres références, valeurs, en développant l’attention qui va permettre la découverte de ces liens et le plaisir qui est lié à cette expérience esthétique… Car comme le dit Roger DADOUN[1] « l’image en montre toujours plus, elle est surexposante » – à l’instar des ces aiguilles, qui viennent là, comme pour rappeler le sort jeté à cette entreprise atypique, et les « fantômes » qui rodent dans le spectacle de Nathalie PERNETTE… (Diptyque n°2)

Ainsi ces vingt diptyques, constitués donc de 40 images, se présentent sous une forme de travail photographique hybride mêlant à la fois des images relevant de champs de type reportage, documentaire, artistique,… pour en constituer un objet polyphonique, à visée esthétique… où le sens se construit par le jeu entre les éléments et la réceptivité et les projections propres au spectateur même… La dernière image pouvant augurer du redressement de la marque et de son nouveau rayonnement…, de même qu’une sorte de préfiguration de la suite du spectacle de danse qui devrait s’intituler « la Figure du baiser », et dont la création est envisagée en 2017…

Bonne découverte…

 

http://www.worldtricot.com

http://www.compagnie-pernette.com/

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[1] Roger DADOUN Les inconscients parallèles in «  Cinéma et psychanalyse » CinémAction n°50

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